Usagers de la route
Le saviez-vous ?
 
L
e saviez-vous ? Il y a eu longtemps un quasi-monopole sur le marché de la construction des radars automatiques contrôlant que la vitesse sur la route ne soit pas excessive ou le franchissement des feux tricolores ne se fasse pas au rouge
Dispositif phare de la lutte contre la vitesse excessive et de la politique de répression routière, les radars, que ce soit les radars fixes, les radars mobiles ou les radars feu rouge permettent de relever bon nombre d'infraction au Code de la route et sont une des causes du nombre important d'annulation du permis de conduire. En 2010 et 2011, il y a eu pas moins de 85.000 permis annulés et 12 millions de retrait de points. Les radars sont aujourd'hui implantés dans toutes les régions de France et leur nombre est en constante augmentation, notamment les radars automatiques et les radars au feu rouge. Le marché des radars est un marché extrêmement juteux pour les sociétés qui fabriquent les radars et en assurent la maintenance.

Apparus en France fin 2003, les radars automatiques étaient au nombre de 257 fin 2004 et 870 fin 2005. Depuis 2010, il y en a plus de 2.000. Pareil pour les radars au feu rouge. Certes, les radars au feu rouge sont plus récents, mais fin 2011, il y en avait déjà 645 et plus de 700 fin 2012. Les infractions relevées par les services de police ou de gendarmerie suivent la même tendance. C'est mathématique, plus il y a de radars, plus il y a d'infractions relevées. En 15 ans, le nombre d'infractions traitées est passé d'un peu plus d'un million en 1996 à plus de 7 millions en 2011. Les usagers de la route qui ont peur de voir un jour leur permis de conduire annulé n'ont pas tort. Face à la prolifération des radars, la contestation de l’amende forfaitaire est un recours de plus en plus usité par les usagers de la route.

Depuis 2003, la plupart des marchés publics ont été attribués à la société SAGEM sécurité, que ce soit pour les radars fixes ou les radars mobiles. Cette société s'est longtemps retrouvée en situation de quasi-monopole sur le marché des radars contrôlant que les usagers de la route n’adoptent pas une vitesse excessive sur les routes. En 2009, la situation a cependant commencé à évoluer et le marché des radars fixes et mobiles s'est davantage ouvert à la concurrence. Ainsi, en 2009, la configuration du tunnel duplex de l'A86 ne permettant pas l'installation des radars modèle SAGEM MESTA de la société SAGEM sécurité, c'est un radar fabriqué par une autre société qui a été choisi. 15 radars automatiques fixes de type PARIFEX LYNX (société PARIFEX) y ont été installés, marquant l'ouverture effective du marché des radars à la concurrence. En août 2009, l'Etat a également lancé 2 appels d'offre pour la fourniture et l'installation de 250 radars automatiques sur les 4 prochaines années (2010 à 2013). Un premier appel d'offre dit "classique", visant à fournir et installer un minimum de 150 radars automatiques fixes. Cet appel d'offre a été remporté par la société Morpho (ex SAGEM Sécurité), confirmant la dominance de la société sur ce marché. Mais le deuxième appel d'offre dit "technologique", visant à fournir et installer un minimum de 100 radars automatiques fixes offrant un saut technologique, a été remporté par CEGELEC Centre Est qui a mandaté la société PARIFEX pour installer un tout nouveau radar (le PARIFEX VIGIE), permettant d'une part la discrimination entre poids-lourds et véhicules légers avec attribution de la vitesse limite autorisée spécifique à chacune des catégories, et d'autre part la détermination de la voie de circulation des véhicules en infraction. Pour la première fois, la société SAGEM n'a plus été en situation de quasi-monopole sur le marché des radars fixes et mobile.

Il est économiquement très important qu'une société ne se retrouve pas en situation de quasi-monopole. Si l'Etat veut pouvoir encadrer les coûts liés à l'achat mais aussi à la maintenance des radars, il se doit d'avoir une stratégie industrielle permettant à plusieurs fournisseurs de travailler.

Non seulement la transparence dans l'attribution des marchés public et l'ouverture à une concurrence saine et loyale doit être une exigence, mais économiquement cela permet également à l'Etat de pouvoir mettre les fournisseurs en concurrence et de faire baisser les prix. Le marché du radar feu rouge est d'ailleurs plus sain. Il existe une concurrence forte entre 3 sociétés se partageant le marché: SAGEM Sécurité, Aximum et Fareco.

Une chose est sûre la lutte contre la vitesse excessive est loin d’être terminée. La politique de répression routière mise énormément sur la performance et la précision des radars.
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