Usagers de la route
Le saviez-vous ?
 
L
e saviez-vous ? Le nombre d’accidents de la route mortels diminue depuis 15 ans. En 2010 et 2011, le nombre d’accidents de la route mortels est passé sous la barre des 4.000 accidents
En promulguant la loi Badinter, le législateur s’est d’abord battu pour que les indemnités versées aux victimes d’un accident de la route leur permettent à minima de subvenir à leur besoin. Il s’est ensuite attaqué aux causes des accidents de la route. Devenus priorité absolue et symbole de la politique de lutte contre l'insécurité routière, les accidents de la route mortels ne cessent de diminuer depuis 1993. En revanche le nombre de victime d’un accident de la route, souffrant de lésions graves, est stable depuis 2000. Il y avait 9.677 accidents mortels en 1993, il y en a 3.963 en 2011. En un peu moins de 20 ans le nombre d'accidents mortels a baissé de plus de moitié. La baisse a été constante tout au long des années. Seule exception l'année 1998, où le nombre d'accidents mortels était en augmentation de 6 % comparativement à 1997. Exception faite de l'année 1998, le nombre d'accidents mortels baissait en moyenne de 1 à 7 % chaque année. La baisse a été davantage accentuée en 2003 (- 20 % par rapport à 2002), en 2004 (- 9 % par rapport à 2003) et en 2006 (- 8 % par rapport à 2005).

Parallèlement, le nombre d'infractions traitées est en constante augmentation depuis 1993. Il y avait 402.917 infractions traitées en 1993. En 2011, c'est plus de 7 millions d'infractions traitées, 7.252.738 exactement. Le nombre d'infractions traitées a significativement augmenté en 1996 (+ 25 % par rapport ) et durant les années 2003 à 2007 (avec des augmentations respectives de + 39 % en 2003, + 51 % en 2004, + 41 % en 2005, + 25 % en 2006 et + 31 % en 2007). Côté annulation du permis de conduire, le nombre de permis de conduire annulé est étroitement corrélé au nombre d'infractions traitées. Exception faite de 2010 et 2011, où les courbes se décorrèlent. Lors de ces 2 années, le nombre d'annulation du permis de conduire demeure stable tandis que le nombre d'infractions traitées augmente significativement.

En revanche, il est plus difficile d'établir une corrélation forte entre le nombre d'infractions traitées et le nombre d'accidents mortels. Depuis 1993, le nombre d'infractions traitées augmente et le nombre de morts sur les routes diminue. En revanche, une forte hausse des infractions traitées a pu s'accompagner d'une forte baisse du nombre d'accidents mortels. C’est par exemple le cas en 2003 où les infractions traitées étaient en hausse de 39 % et les accidents mortels en baisse de 21 %. Mais une forte hausse des infractions traitées a aussi pu s'accompagner d'une évolution quasi stable du nombre d'accidents de la route mortels. En 2007 par exemple où les infractions traitées étaient en hausse de 31 % mais les accidents mortels en baisse de 2 % seulement.

Le ministère de l'Intérieur publie annuellement un bilan du permis à points. En consultant ces chiffres, il est cependant difficile de quantifier dans quelle mesure une augmentation des infractions traitées entraine une baisse du nombre d'accidents mortels. Dans quelle mesure cette baisse n'est-elle pas due aussi à une moindre dangerosité des routes, à une plus grande performance des voitures (système de freinage, tenue de route, système d'éclairage, ...). En revanche, il est évident qu'on ne peut agir sur la baisse du nombre d'accidents de la route, qu'en en connaissant les causes. Et les causes d'accident de la route sont connues. Il est entendu que l'alcool au volant, l'usage de stupéfiants ou les grands excès de vitesse sont les principales causes des accidents. L'alcool et les stupéfiants, parce que les usagers de la route perdent de leur capacité à conduire. Les grands excès de vitesse, car en cas d'accident, l'impact est d'autant plus violent que la vitesse est grande. Or, la politique de répression routière semble être en décalage avec les vraies causes des accidents mortels. Quand on consulte la nature des infractions traitées, on s'aperçoit qu'une très grande majorité concerne les excès de vitesse inférieurs à 20 km/h (68 % des infractions traitées). Les grands excès de vitesse, la conduite en état d'alcoolémie, la conduite sous emprise de stupéfiants représentent moins de 5 % des infractions traitées. Ainsi, soit la politique de répression routière ne cible pas suffisamment précisément les vraies causes d'accidents de la route. Soit il existe une part résiduelle des accidents mortels inéluctables qu'aucune politique routière ne pourrait diminuer. Et dans ce cas, la politique de répression est excessivement répressive, elle traite trop d'infractions.

Car avec cette politique de répression routière, beaucoup d'usagers de la route ont le sentiment de vivre une véritable injustice et se sont groupés en associations de défense et de protection des usagers de la route pour défendre leur droit. Car si tous les usagers de la route reconnaissent que la volonté de diminuer le nombre d'accidents de la route et de sauver des vies est une noble cause, ils considèrent que la répression et les moyens mis en œuvre pour atteindre ces objectifs sont excessifs. Et lorsqu'ils perdent leur permis, ils ne se posent qu'une seule question: permis de conduire annulé que faire ?
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