Usagers de la route
Le saviez-vous ?
 
L
e saviez-vous ? Parmi tous les départements de la métropole, le département Rhône Alpes est le département français où il y a le plus d’autoroutes et de routes nationales avec un réseau de 1.854 km
Le réseau routier national se distingue du réseau routier départemental. Les autoroutes et les routes nationales sont sous la responsabilité de l'Etat. Contrairement aux routes départementales et aux voies communales. Le partage de la gestion du réseau de l'Etat et des collectivités locales a été grandement remanié en 2006. Une partie du réseau national a été transféré sous la responsabilité des départements dans un but de décentralisation. C'est ainsi que fin 2004, il y avait 26.015 km de routes nationales en France et que fin 2005, il n'y en avait plus que 10.335 km. Les routes nationales n'ont pas disparu, elles sont simplement devenues des routes départementales, dont l'entretien est assuré par les départements.

Or, au 31 décembre 2011, c'est bien en Rhône-Alpes, région qui regroupe les départements de l'Ain, l'Ardèche, la Drôme, l'Isère, la Loire, le Rhône, la Savoie et la Haute-Savoie, qu'il y a le plus de kilomètre d'autoroute et de route nationale avec 1.854 km (1.245 km d'autoroute et 609 km de route nationale). Deuxième région à avoir fin 2011, le plus de km d'autoroute et de route nationale, le Centre avec 1.324 km (981 km d'autoroute et 343 km de route nationale). L'Aquitaine est la troisième région à monter sur le podium avec 1.315 km (785 km d'autoroute et 530 km de route nationale). En revanche les régions à avoir le moins de km de route nationale et d'autoroute sont le Limousin (532), la Corse (576 km), la Basse-Normandie (623 km).

Cependant, si on ne considère que les routes nationales, le classement est sensiblement différent. Région en tête des régions à avoir le plus de km de routes nationales: la Bretagne avec 1 009 km. Le podium est ensuite complété par les Midi-Pyrénées avec 655 km et le Rhône Alpes avec 609 km. L'Alsace (90 km), la Haute Normandie (232), le Limousin (258 km) sont en revanche les régions à avoir le moins de routes nationales fin 2011.

Le partage du réseau entre l'Etat et les collectivités locales relève de considérations budgétaires. Certes, mais pas seulement. L'état de la voierie est une cause souvent négligée dans les accidents de la route. Il existe des routes en très mauvais état pour lesquelles il n'y a aucun entretien et qui causent chaque année de nombreux accidents. Des routes que l'on sait accidentogènes et sur lesquelles les autorités ont plus vite fait d'installer un radar que de refaire la route. Or les radars n’ont aucun impact sur la dangerosité des routes. Le transfert de la responsabilité de l'Etat vers les départements quant à l'entretien des routes nationales (devenues des routes départementales) a des conséquences intéressantes à observer dans le temps. Car le nombre de personnes tuées sur les routes a fortement diminué entre fin 2004 et fin 2011. Fin 2004, il y avait 5.593 tués à 30 jours suite à un accident de la route. Fin 2011, il y en avait 3.963. On peut penser que cette baisse de la mortalité n'est pas uniquement due à un durcissement de la répression routière (traduite par l'élévation du nombre de permis de conduire annulé, ou du nombre de retrait de points sur le permis de conduire). Mais que cette baisse de la mortalité puisse aussi être due en partie à une meilleure prise en charge de l'entretien des routes. Les départements sont plus aptes et plus vigilants que l'Etat à surveiller l'état des routes et connaitre celles en mauvais état qui nécessitent des travaux de réfection.

Encore faut-il que les départements aient les moyens d'entretenir les routes. Il y a des départements dans lesquels le budget est très limité. Les radars automatiques sont aujourd'hui vus comme la solution pour trouver du budget. Mais il ne faut pas que l'installation de radars se fasse au détriment de l'entretien des routes. C'est sûr que les autorités ont plus vite fait d'installer un radar que de refaire une route et que l'installation d'un radar, ça rapporte plus. Mais à long terme, il est tout de même préférable d'avoir des routes de bonne qualité. Aux départements de trouver le juste milieu. L'augmentation du nombre de radar ne doit pas simplement signifier l'augmentation du nombre d'annulation du permis de conduire, ou l'augmentation du nombre de points retirés, elle doit aussi s'accompagner d'un meilleur entretien des routes. Sinon décentraliser la responsabilité de la surveillance des routes aux départements ne valait pas le coup.
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