Usagers de la route
Le saviez-vous ?
 
L
e saviez-vous ? Le nombre de radars automatiques est en constante augmentation. Ces radars sont une source de revenus très importante (des centaines de millions d’euros) pour l’Etat et les Conseils généraux
La sécurité routière est devenue au fil des années un enjeu majeur de la politique des transports. Le nombre de tués dans un accident de la route a diminué de moitié en 15 ans, entre 1996 et 2011 Parrallèlement, la répression s'est considérablement durcie. Le nombre d'annulation du permis de conduire a considérablement augmenté ... et les amendes payées par les usagers de la route rapportent des millions d'euros à l'Etat. Le radar automatique est devenu le symbole de cette répression.

Globemeter publiait la liste 2010 des 10 radars les plus rentables de France. Le premier en Meurthe et Moselle avec une moyenne de 464 flashs par jour. Le second dans le Var (338 flashs par jour). Le troisième en Côte d'Or (310 flashs par jour). La Meurthe et Moselle apparait une deuxième fois dans le top 5 avec un second radar en quatrième position (303 flashs par jour). Cinquième place pour un radar en Essonne (279 flashs par jour). La Moselle fait coup double avec un radar en sixième place (259 flashs par jour) et un autre en septième place (253 flashs par jour). Les 3 dernières places sont pour le Nord (avec un radar à une moyenne de 247 flashs par jour), les Alpes Maritimes (avec un radar à une moyenne de 245 flashs par jour) et la Haute Marne (avec un radar à une moyenne de 239 flashs par jour). A noter que ces radars sont tous placés sur autoroute sauf 1 sur route nationale (celui dans le Nord).

La progression des revenus générés par les radars est en constante augmentation. En 2004, les radars généraient un peu plus de 100 millions de revenus. En 2005, ils généraient un peu plus du double et près de 350 millions d'euros en 2006. 400 millions en 2007 et 2008 et plus de 500 millions en 2009. En 2010, ça monte encore, les radars rapportent 517 millions d'euros. En 2011, c’est l’explosion : 630 millions d'euros ! En 2012, c'est une manne financière proche de 700 millions d'euros. Les radars sont une manne financière pour l’Etat mais pas que pour l’Etat. Pour les Conseils généraux, pour les entreprises qui les installent, pour les entreprises qui les fabriquent et les gèrent. En 2010 par exemple les radars ont rapporté 35 millions à l'agence nationale pour la cohésion sociale et l'égalité des chances, 30 millions aux Conseils généraux. Et ... 517 millions d'euros à l'Etat. L'explication avancée par le ministre de l'Intérieur sur ces revenus est simple: le nombre de radars est en constante augmentation, ce qui explique pourquoi les revenus des radars progressent également. Est-ce à dire qu’il y a davantage d’usagers de la route qui conduisent avec une vitesse excessive ? C’est une autre histoire…
Mais multiplier le nombre de radars n'est pas forcément une bonne stratégie financière pour l'Etat. Car au fil des ans, les usagers de la route connaissent les emplacements des radars. Les radars rapportent ainsi de moins en moins. Et ils ont aussi un coût. En 2010, les coûts liés aux radars fixes se répartissaient de la façon suivante: 212 millions en achat et entretien des radars ; 180 millions en financement des infrastructures de transport. L’entretien consiste principalement en la vérification des radars afin de s’assurer que la précision des radars reste la même au fil des ans.

Pour les usagers de la route, c'est la douche froide. Certes, le nombre de victime d’un accident de la route diminue mais non seulement la mise en place des radars engendre un coût important, coût intégralement financé par les usagers de la route flashés. Mais surtout le nombre de permis de conduire annulé est croissant (environ 85.000 permis annulés en 2011). En outre, les usagers de la route pouvaient s’attendre à une diminution de leur prime d’assurance automobile en raison de la baisse du nombre de victime d’un accident de la circulation. Or ce n’est pas le cas. Les compagnies d’assurance arguent que le montant d’indemnisation d’une victime d’un accident de la route est unitairement plus élevé, ce qui compense la baisse du nombre d’accident. Le coût des accidents corporels et matériels demeure stable. Les primes d’assurance automobile ne baissent pas.
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