Usagers de la route
Le saviez-vous ?
 
L
e saviez-vous ? Parmi l'ensemble des départements français, c’est dans le département des Bouches-du-Rhône qu'il y a eu le plus de permis de conduire annulés en 2011. 3.275 usagers de la route ont perdu leur permis
Le ministère de l'Intérieur produit chaque année le bilan du permis à points. Ce bilan est disponible sur le site internet du ministère de l’Intérieur. Il permet de connaitre, notamment, le nombre d'infractions ayant entrainé une perte de points, le nombre d'annulation du permis de conduire, le nombre d'excès de vitesse relevés par radars automatiques et le nombre de non-respect de l'arrêt au feu rouge relevé par les nouveaux radars au feu rouge. L’analyse est menée au niveau national puis détaillée département par département.

Comme annoncé, c'est le département des Bouches-du-Rhône qui arrive en tête du palmarès des départements français où il y a le plus de permis de conduire annulé. Avec 3.275 conducteurs ayant subi la perte de leur permis de conduire en 2011, et 3.127 en 2010, le département des Bouches-du-Rhône est une nouvelle fois sur la plus haute marche du podium. Deux autres départements enregistrent plus de 3.000 annulations du permis de conduire en 2011 et complètent le podium: le Rhône avec 3.018 annulations en 2011 et le Val d'Oise avec 3.001 annulations en 2011. Inversement la Lozère (56 annulations), le Cantal (80 annulations) et la Creuse (85 annulations) sont les bons élèves et les 3 seuls départements français à totaliser moins de 100 annulations du permis de conduire en 2011.

Cependant, pour être plus objectif, il est nécessaire d'analyser ces chiffres au regard des moyens mis en œuvre dans les départements pour détecter les infractions routières (ex: nombre de radars automatiques, nombre de radar feu rouge, nombre de contrôles des services de police,...) et au regard aussi de la densité de population des départements (le fait qu'il y ait plus d'habitants dans les Bouches-du-Rhône qu'en Lozère explique aussi qu'il y ait mathématiquement plus de permis annulés en Bouches-du-Rhône à taux d'infraction constant). On peut ainsi compléter l'analyse par 2 indicateurs intéressants: l'évolution d'une année sur l'autre du nombre de permis de conduire invalidé et l’évolution du nombre de permis probatoire invalidé.

Au regard de l'évolution annuelle du nombre de permis invalidé, le bilan est mitigé. La moitié des départements connaissent une évolution à la baisse du nombre de permis de conduire invalidé en 2011 comparativement à 2010 (56 départements), l'autre moitié à la hausse (45 départements). Parmi les bons élèves, la Martinique (- 37 %), la Guadeloupe (- 36 %), et l'Aveyron (- 30 %). Parmi les mauvais élèves, le Gard (+ 63 %), la Lozère (+ 60 %) et le Rhône (+ 59 %). A noter que malgré un très faible nombre de permis annulé, la Lozère est sur la mauvaise pente puisqu'elle fait partie des 3 départements enregistrant le plus fort taux d’augmentation des annulations de permis de conduire en 2011 comparativement à 2010. Cela dit, paradoxalement, étant donné que la Lozère enregistre très peu d'annulations du permis de conduire, la moindre variation devient, très vite, significative.

En 2011, c'est plus de 85.000 permis annulés. Chiffre comparable à celui de 2010. Les permis probatoires représentent 19 % des annulations du permis de conduire. Pour rappel, le permis probatoire a initialement un capital de 6 points. Ce capital augmente de 2 points tous les ans (dans la limite de 6 points pour atteindre un capital maximal de 12 points) si le conducteur ne commet pas d'infractions routières entrainant une perte de points. Surprise tout d'abord ! En 2011, une très grande majorité des départements enregistrent une baisse du nombre d'invalidation du permis de conduire probatoire. Seuls 26 départements français sur 101 départements enregistrent une hausse. Coup de chapeau à la Martinique et aux Hautes Alpes, deux seuls départements à connaitre une baisse de plus de 50 % entre 2011 et 2010 (-58 % et - 52 % respectivement). En revanche le bilan du Rhône est catastrophique (+ 103 %). La Haute Corse (+ 76 %), le Gard (+ 49 %) et l'Indre (+ 43 %), c'est aussi très mauvais. En 2011, le nombre de conducteurs au permis probatoire invalidé a diminué de 7,5 % au niveau national.

En valeur absolue, le Nord fait son entrée, directement en seconde position du palmarès des jeunes (avec 639 annulations du permis probatoire en 2011), devancé d'une courte tête par le Val d'Oise (643 annulations). Le podium est complété par la Seine Saint-Denis (629 annulations). Le Rhône est sur la 4ème marche du podium (617 annulations) mais mériterait d'être sur le podium, étant parmi les 4 départements français à dépasser plus de 600 annulations du permis probatoire en 2011. Chez les bons élèves, la Lozère (10 annulations), la Creuse et les Hautes-Alpes (14 annulations), la Guyane (15 annulations), se distinguent avec moins de 20 annulations du permis probatoire en 2011.

Le législateur justifie la politique de répression routière actuelle, et notamment le nombre élevé de permis de conduire annulé, par sa volonté de faire diminuer significativement le nombre de victime d’un accident de la circulation. Il faut savoir, par exemple, que le département des Bouches-du-Rhône est également le département où il y a le plus d’accidents de la route mortels. En 2011, il y a eu 137 tués sur les routes. Cependant, la politique de répression routière sanctionne essentiellement les faibles excès de vitesse. Or ces faibles excès de vitesse ne sont pas une cause majeure des accidents de la route comme l’alcool au volant ou la conduite sous influence de produits stupéfiants peuvent l’être. On peut ainsi se demander si cette politique du chiffre est la bonne politique pour faire diminuer le nombre de victime d’un accident de la route. Ou s’il ne faudrait pas cibler davantage les contrôles sur l’alcool ou la drogue au volant, quitte à annuler un peu moins de permis de conduire.
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