Usagers de la route
Le saviez-vous ?
 
L
e saviez-vous ? Les routes nationales sont nettement moins dangereuses que les routes départementales et font moins de victime d’un accident de la route. 13 % des accidents se produisent sur route nationale contre 87 % sur route départementale
En France, on distingue le réseau routier national, dont les charges de construction et d'entretien reviennent à l'Etat. Et le réseau routier départemental et communal, dont la gestion est assurée par les Conseils généraux. Une grande partie des routes nationales a été décentralisée en 2006. De nombreuses routes autrefois nationales sont devenues des routes départementales dites "route nationale d'intérêt local". Mais, au vue de l'accidentalité des routes nationales et départementales, est-ce vraiment une bonne chose ?

Que ce soit au regard des accidents de la route corporels ou du nombre de personnes tuées sur les routes, les routes départementales et communales apparaissent comme beaucoup plus dangereuses que les routes nationales. En 2011, sur 65.024 accidents corporels, 13 % se sont produits sur des routes nationales (8.535 exactement) et 87 % sur des routes départementales et communales (56.489 précisément). C'est le même constat vis à vis du nombre de tués dans un accident de la route. En 2011, 3.963 personnes ont été tuées suite à un accident de la route, dont 16 % sur des routes nationales (636 personnes) et 84 % sur des routes départementales et communales (3.327 personnes). Le constat est sans appel, il y a davantage de victime d’un accident de la route sur les routes départementales et communales et que sur les routes nationales. Pourtant le constat mérite tout de même d'être nuancé.

D'une part les usagers de la route parcourent davantage de kilomètres sur le réseau routier départemental et communal que sur le réseau national. Le rapport de la commission des comptes des transports estimait que les usagers de la route avaient parcouru en 2010 192 milliards de km sur les routes nationales contre 370 milliards de km sur les routes départementales et communales. C'est à dire que le réseau départemental et communal est 2 fois plus emprunté que le réseau national. Ce chiffre n'explique cependant pas tout, car le nombre de tués sur les routes départementales et communales est largement supérieur à 2 fois le nombre de tués sur les routes nationales.

D'autre part l'entretien des routes départementales et communales est beaucoup plus difficile que celui des routes nationales. En effet, c'est plus 1.028.971 de km de routes départementales et communales qu'il s'agit de sécuriser contre 20.537 km de routes nationales. Nécessairement l'effort est beaucoup plus lourd et l’entretien de l'infrastructure des routes s'en ressent. Notamment concernant la signalisation. La signalisation sur autoroute est bien meilleure, quand par exemple il s'agit de prévenir d’un accident.

On peut en conséquence se demander si le transfert des responsabilités vis à vis de la sécurité routière autrefois exercées par l'Etat vers les départements n'est pas un abandon de l'Etat. Abandon d'autant plus étonnant, quand dans le même temps, l'Etat se prévaut de renforcer la sécurité routière. Plutôt que d'installer à tout va des radars qui entrainent des retraits de points et des mesures d'annulation du permis de conduire pour solde nul, on peut se demander s'il ne vaudrait pas mieux sécuriser davantage le réseau routier départemental et communal, en améliorant notamment la signalisation sur ce réseau, plutôt que d'installer toujours plus de radars. Certes il y aura peut-être moins de permis de conduire annulé, mais peut-être aussi davantage de vies sauvées.
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